L'opinion commune pense spontanément les trois B (Besancenot, Buffet, Bové) comme extrémistes de gauche alors qu'ils sont justes à gauche et non à son extrême ! Dire cela, c'est constater, avec d'autres, que le point de gravité de la politique s'est déplacé à droite ; et c'est être convoqué à mettre à jour les racines historiques qui donnent lieu aux formes contemporaines de la droite et la gauche. C'est aussi se demander que faire face au néolibéralisme mondial dont Sarkozy n'est qu'un avatar.
L'opinion commune pense spontanément les trois B (Besancenot, Buffet, Bové) comme extrémistes de gauche alors qu'ils sont justes à gauche et non à son extrême ! Dire cela, c'est constater avec d'autres que le point de gravité de la politique s'est déplacé à droite, et c'est être convoqué a explorer les racines historiques qui donnent lieu aux formes contemporaines de la droite et la gauche.C'est aussi se demander que faire face au néolibéralisme mondial dont Sarkozy n'est qu'un avatar.
En cela aussi, les points de vue développés sur ce site comme ceux du PCMLM sont enseignants, parce qu'ils représentent effectivement l'extremisme de gauche. Effectivement, les trois B ne sont pas révolutionaires. L'extême gauche, normalement, c'est une critique radicale, au point qu'elle s'étend jusqu'à la révolution française en montrant en quoi cette dernière reste bourgeoise ; et pourquoi il faut la dépasser ! Elle prône le changement par le sang : c'est ça la révolution (on peut se reporter à l'article en ligne du PCLML).
Il en va tout autrement pour nos trois B. Pour eux, il s'agit de réguler le marché, et de mettre l'homme en avant. Il faut entendre ça au sens fort. Nos trois B ne sont pas a amalgamer à de la "sociale démocratie" caricaturale. Contre cette avanie, il nous faut revenir au textes fondateurs du socialisme : relire Durkheim, Jaures, (re)jetter un oeil dans le fameux dictionnaire du vocabulaire technique et critique de philosophie d'André Lalande du début du XXéme siècle et lire bien d'autres choses encore...
Ce retour aux sources permettrait de dégager le socialisme d'aujourd'hui, et de demain, de la mélasse dans laquelle il se trouve depuis vingt sept ans. On verrait alors que : le socialisme d'aujourd'hui c'est l'altermondialisme. C'est celui qui demande que l'on renforce l'ONU : parce que ce qui préside l'ONU c'est les droits de l'homme, c'est l'universalisme égalitariste des lumières.
C'est celui qui a l'audace de parier que le droit et les lois peuvent réguler de manière juste le destin de la communauté humaine mondiale.
C'est celui qui prétend que l'on a pas besoin du sang des marchands, des grands patrons, ou d'utiliser des bombes, pour répartir le capital de manière plus juste.
C'est celui qui se pose contre l'extension de la propriété au vivant (problème des OGM).
Bref, c'est celui qui assume l'héritage des lumières et son humanisme le plus éclairé : non pas celui de Hobbes (que représente Ferry -qui tente de se cacher caricaturalement derrière Kant), mais celui de Rousseau (du contrat social) ; pas celui de Smith (source du néolibéralisme moderne qui naturalise l'individualisme), mais celui de Mauss (qui ouvre l'humanisme à l'altérité en créant l'ethnologie). C'est celui qu'ont incarné à leur manière Bourdieu ou Morin, contre Boudon et Hayeck...
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Marx, lui, n'est pas humaniste (et le PCMLM non plus). Mais il nous interesse parce qu'il s'inscrit volontairement "hors humanisme" : il cherche son au-delà. Il faut méditer sur l'horizon qu'il ouvre et la critique qu'il permet. Il nous faut l'entendre : la révolution française et l'humanisme contiennent effectivement une part bourgeoise et marchande (Montesquieu incarne cela magnifiquement, et ce déjà avant la révolution, écrivant sur "l'esprit des lois"... tout en faisant du trafic négrier). Mais il faut bien voir dans le même temps que l'humanisme ce n'est pas que faire du commerce comme on l'entend (ce qui était, rappellons le, un progrès par rapport aux monopoles d'un roi d'essence divine). L'humanisme c'est surtout mettre en avant l'égalitarisme des hommes par un droit universel (ce qui, quand même, n'est pas rien, même s'il reste à s'entendre sur les conditions pratiques de l'universalisme).
Il faut donc aussi procéder, avec l'aide de Marx, à une critique de ce qu'il faut bien appeller un "humanisme de droite", qui a conduit doucement la démocratie à sa perte néolibérale. On parle de "perte néolibérale" car le sarkozysme d'essence néolibérale est en effet en fin de compte un anti-humanisme. Ce que l'on appelle la "droite décomplexée" c'est celle qui se satisfait du bon gros sens commun : ce sont les hommes qui, comme Sarkozy, ou Raffarin, n'ont pas fait "leurs humanités". C'est ceux qui ignorent que politique vient de polis et signifie "vie de la cité" et qui pensent gouverner comme on manage une entreprise (et qui le disent d'ailleurs ouvertement...sans complexe... sans le "surmoi de gauche" comme disait récémment dans une émission, avec un cynisme à peine masqué, Luc Ferry). L'esprit du sarkozysme et le néolibéralisme mondial n'étant plus que marchand, il constitue, de fait, un anti-humanisme...
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Marx était contre l'Europe. Il lui préférait l'Internationnale, considérant l'Europe comme la version bourgeoise de l'internationale. Force est de constater que pour l'heure il a raison. Le néolibéralisme mondial c'est le raté contemporain des Lumières, c'est l'échec d'un humanisme de droite qui s'est fait débordé par sa composante marchande (c'est comme si Montesquieu vivant aujourd'hui ne faisait plus que du commerce négrier !).
La contradiction du système capitaliste ne réside pas tant dans ses forces productives, elle est interne à l'humanisme. L'humanisme doit donc procéder à son auto-critique et surmonter ses contradictions en rétablissant la valeur homme devant la valeur du marché. Or, c'est précisémment ce que prône l'altermondialisme. En cela il est l'héritier légitime de l'humanisme du progrés. L'altermondialisme est un humanisme.
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Si l'altermondialiste est bien l'héritier d'un humanisme généreux comme nous le soutenons, il faudra bien que l'on trouve les voies pour donner tort, d'une part à Marx, à la fois sur la question de l'Europe (qui ne serait que marchande) et sur la nécessité d'une révolution par le sang, et, d'autre part, au néolibéralisme bourgeois antihumaniste contemporain.
L'humanisme altermondialiste à venir devra s'engager dans le défilé étroit qui consistera à la fois, à ne pas céder à la tentation révolutionaire par le sang (quelle qu'elle soit, religieuse ou politique), et, qui consistera en même temps, à critiquer l'humanisme bourgeois qui nous a conduit à l'impasse nihiliste que nous subissons tous aujourd'hui.
Si le socialisme institutionnel a un avenir c'est à la condition d'avoir l'audace de s'engager dans cet étroit defilé que lui ouvre l'avant garde altermondialiste.