white themeblack themered themetheme help
Collectif!

À Propos
Charte
Participer
Contacts


Outils de navigation


Descriptif des catégories

Recherche avancée
Aide




www.indymedia.org africa: ambazonia canarias estrecho / madiaq kenya nigeria south africa canada: hamilton london, ontario maritimes montreal ontario ottawa quebec thunder bay vancouver victoria windsor winnipeg east asia: burma jakarta japan korea manila qc europe: abruzzo alacant andorra antwerpen armenia athens austria barcelona belarus belgium belgrade bristol bulgaria calabria croatia cyprus emilia-romagna estrecho / madiaq euskal herria galiza germany grenoble hungary imc-london ireland istanbul italy la plana liege liguria lille linksunten lombardia madrid malta marseille nantes napoli netherlands nice norway oost-vlaanderen paris/ÃŽle-de-france patras piemonte poland portugal roma romania russia saint-petersburg scotland sverige switzerland thessaloniki torun toscana toulouse ukraine united kingdom valencia latin america: argentina bolivia chiapas chile chile sur cmi brasil colombia ecuador mexico peru puerto rico qollasuyu rosario santiago tijuana uruguay valparaiso venezuela venezuela oceania: adelaide aotearoa brisbane burma darwin jakarta manila melbourne perth qc sydney south asia: india mumbai united states: arizona arkansas asheville atlanta austin baltimore big muddy binghamton boston buffalo charlottesville chicago cleveland colorado columbus dc hawaii houston hudson mohawk kansas city la madison maine miami michigan milwaukee minneapolis/st. paul new hampshire new jersey new mexico new orleans north carolina north texas nyc oklahoma philadelphia pittsburgh portland richmond rochester rogue valley saint louis san diego san francisco san francisco bay area santa barbara santa cruz, ca sarasota seattle tampa bay tennessee urbana-champaign vermont western mass worcester west asia: armenia beirut israel palestine process: fbi/legal updates mailing lists process & imc docs tech volunteer projects: print radio satellite tv video regions: oceania united states topics: biotech
Catégories : - Monde - ville, politiques locales - ville, politiques locales - ville, politiques locales -
La jeunesse camerounaise est embarquée dans un semblant d'espace constitutionnel qui tue en lui même la démocratie, il faut se battre pour imposer la voix des sans voix.

SI JEUNESSE POUVAIT ET SI VIEILLESSE SAVAIT

La quarante et unième fête de la jeunesse a eu lieu ce 11 février 2007, sous la roublardise
ambiante du pouvoir en place, avec en prime la sacralisation de l’opprobre par le
discours tout éculé du 10 février de Paul Biya. La rodomontade nous a été offerte. Le
Cameroun demeure paralysé par l’obscurantisme et la gabegie érigés en système de
valeur. Cette jeunesse hagarde dont le pouvoir prétend se faire le défenseur est
abandonnée à elle-même sans voix et sans âme.

Du Vieux Vin Dans des Outres Neuves

L’instrumentalisation de la jeunesse est le propre des régimes dictatoriaux, tous les grands faucons
de la politique ont toujours utilisé à tort ou à raison la jeunesse dans le combat politique. Staline a
cru en la jeunesse, Hitler aussi. Leurs objectifs étaient de prendre le pouvoir mais à des fins
différentes. Paul Biya dans son dernier discours nous a montré une société à deux bords celle des
jeunes, et celle des aînés. Ceci nous ramène quelques années en arrière quand des débats
philosophiques ont voulu poser les socles de notre société. Deux courants se sont affrontés celui des
progressistes mené par Sindjoum Pokam et Eboussi Boulaga à celui des conservateurs mené par
Njoh Mouelle et Mono Ndjana. Sous différentes formes ils restaient encore obsédés par l’opposition
entre les principes de l’Ancien Régime incarné par Ahidjo, c’est-à-dire l’ordre, l’autorité, la
hiérarchie, la famille, et les principes du Renouveau incarnés par Paul Biya : le jugement individuel,
l’égalité des hommes. Pourtant, dès le siècle dernier, quelques philosophes ont considéré que cette
opposition n’était pas le phénomène décisif. Il nous faut aujourd’hui placer la jeunesse au centre du
noyau social en se demandant si en particulier le mouvement vers l’égalité des hommes, la
suppression des distinctions de statut personnel, la libération de la jeunesse et des moeurs va nous
conduire vers une meilleure qualité de vie social ?Le but de la démocratie c’est d’aller
inévitablement vers l’égalité .Le concept de liberté politique n’a pas apporté à notre jeunesse le
sentiment d’une intégration réussie, elle est partagée entre l’égalitarisme, le libéralisme et la
tyrannie. L’égalité comme Paul Biya semblait prôner dans son discours n’est pas compatible avec
les libertés politiques telles que vécues au quotidien : l’interdiction du droit de grève dans nos
universités et établissements secondaires, la militarisation des campus, l’excommunication des
leaders estudiantins, comme au bon vieux temps de Staline. Le mouvement vers l’égalité étant un
fait, nos sociétés conservent-elles la liberté politique comme un anachronisme, ou bien y a-t-il
possibilité de combiner une société égalitaire et une société libérale ? La première des leçons de
Paul Biya à la jeunesse serait consacrée à l’analyse de ce qu’on appelle dans le langage moderne : la
démocratie ! Plus simplement, la notion sociologique de l’organisation de la concurrence pacifique
en vue de l’exercice du pouvoir.

JEUNISME ET CHEMIN DE DAMAS
La concurrence peut avoir deux formes : la forme du tirage au sort et la forme de l’élection. Par
conséquent, l’élection est l’organisation la plus simple de la concurrence en vue de l’exercice du
pouvoir. Comme il n’y a pas de personnes désignées par la naissance pour exercer le pouvoir et
comme on ne veut pas que le pouvoir soit attribué à la suite d’une guerre civile, la forme normale,
c’est de faire élire ceux qui exerceront le pouvoir par les citoyens.

Naturellement, l’élection ne peut pas être appliquée à toutes les fonctions ni à toutes les démocraties
modernes. Toutes les démocraties que nous connaissons comportent une combinaison d’élection et
de désignation, l’élection étant cependant considérée comme l’essentiel.

Mais notre jeunesse peut-elle se targuer de connaître ses devoirs et ses droits civiques ? La jeunesse
qui est l’élite de demain n’est pas soumise à l’apprentissage de la démocratie pour la société juste
qu’elle devra bâtir . Combien d’élections sont organisées dans nos établissements secondaires et
universitaires ? Combien de fédérations d’élèves et d’étudiants démocratiquement élues existent

dans notre pays ? Combien de syndicats d’élèves et étudiants libres ont pignon sur rue dans notre
pays ?


La notion d’élection est un attribut des idées de liberté politique et de liberté personnelle. On parle
de concurrence pacifique, et pourtant ceux des jeunes qui prennent un risque excessif sont exposés
à la prison ou à l’excommunication. Autrement dit, pour que la démocratie soit conforme aux
principes mêmes d’une concurrence pacifique, il faut un minimum de libertés politiques. Si ces
libertés politiques ne sont plus données, il n’y a plus réellement concurrence, ou la concurrence est
faussée .

LA MEDIOCRATIE DOMINANTE

On peut dire -et je crois que c’est vrai -que la logique de la concurrence, c’est l’égalité entre tous
les membres de la société. Au vu de ce qui se dessine dans les concours administratifs combien de
jeunes peuvent-ils avoir le sentiment d’avoir concouru loyalement ? Pourtant, si l’on regarde
historiquement les démocraties africaines, on constate que ce qui est le plus rare, c’est que cette
égalité ait été accordée. Rien n’est plus fréquent, dans l’histoire, que de voir des minorités, à
l’intérieur d’une société, accepter pour elles-mêmes ces règles de la concurrence, mais les refuser
pour les autres. Je songe aux cités grecques, où ceux qui étaient admis à la concurrence étaient les
citoyens, qui constituaient une minorité par rapport aux métèques et aux esclaves. Encore
aujourd’hui, en notre siècle, il ne manque pas d’exemples de sociétés organisées démocratiquement,
mais sans égalité politique. L’exemple le plus frappant est celui de l’Afrique du Sud, où une
minorité de Blancs, d’ascendance soit hollandaise soit britannique, ont introduit ou maintenu des
règles de concurrence comparables à celles qui existent en Grande-Bretagne, mais qui n’en
accordent pas le bénéfice à des millions de Noirs. Lorsque, en France, on a introduit pour la
première fois les méthodes de la concurrence électorale, la plupart des révolutionnaires
considéraient comme allant de soi la distinction entre citoyens actifs et citoyens passifs, c’est-à-dire
entre ceux qui seraient admis à la concurrence, soit à titre de candidats, soit à titre d’électeurs, et
ceux qui ne le seraient pas. A cette époque, on considérait que la ligne de démarcation entre les uns
et les autres était la possession d’une certaine fortune. Il en est de même au Cameroun puisque nos
dirigeants se sont biens inspirés des colons qui les ont placés. Par conséquent, on peut limiter le
bénéfice même de la concurrence à une fraction de la société. Seulement, en fait, il y a des
difficultés croissantes à le faire parce que la logique de ce système, c’est que tout le monde soit
admis à concourir. Ou encore, si l’on préfère, cette institution de la concurrence électorale a été
introduite au nom de certaines idées au nombre desquelles figure l’idée de l’égalité humaine ou
l’idée que les hommes peuvent choisir eux-mêmes leur gouvernement. Il est de même en ce qui
concerne la concurrence économique promptement assujettie à la concurrence politique, dommage !

DE l’ILLUSION A LA PRESTIDIGITATION ?

L’organisation de la concurrence, c’est ce que l’on appelle une Constitution.
Établir une Constitution consiste à fixer les règles selon lesquelles les citoyens élisent des élus et
selon lesquelles, ensuite, les élus désignent ou élisent à leur tour ceux qui exerceront les fonctions
de commandement. Et peut-être la valeur essentielle de n’importe quelle Constitution est-elle d’être
acceptée comme évidente par ceux qui la connaissent ou la subissent. En tant que testamentaire de
l’héritage à léguer à la jeunesse, Paul Biya peut-il dire combien de fois notre constitution a été
respectée par lui-même ? A fortiori combien ont-ils été frappés pour n’avoir pas respecté la
constitution ?

En d’autres termes, c’est un résultat à la fois paradoxal et banal , le mérite essentiel d’une
Constitution, c’est d’exister depuis longtemps. En effet, quand elle existe depuis longtemps, on s’est
habitué à elle et on finit par trouver évidentes des règles tout aussi arbitraires que n’importe quelles
autres règles. Et cela, par opposition, nous indique pourquoi toutes les Constitutions camerounaises
ont été en général mauvaises : elles n’ont jamais eu le temps pour elles. Le plus grave défaut de tous
les constitutionnalistes camerounais est d’avoir cru qu’il y avait une différence de nature entre un
système et un autre système alors que, malgré tout, un mérite essentiel est que la Constitution soit
acceptée et qu’il n’y a aucune raison pour qu’une Constitution soit instantanément acceptée comme
rationnelle. C’est une des nombreuses institutions sociales qui ne peut pas être rationnelle : elle ne


peut être qu’adaptée à des circonstances de fait ou à des considérations d’opportunité.

Aimé Mathurin Moussy

Paris




Publication libre et ouverte!

Articles et commentaires cachés

2006 CMI-Marseille. Sauf indication contraire donnée par l'auteur, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE. Décharge de responsabilité | Protection de la vie privée
Ce site fonctionne avec sf-active 0.9.4