A Béziers (Hérault), l'usine de souffre "SBM Formulation" classée
"Seveso II" à haut risque, a entièrement brûlé vers 3h00 du matin lundi
27 juin 2005.
Au moins 1000 tonnes (oui, mille tonnes) de fongicides et
d'insecticides ont brulé. Le plus gros du nuage toxique, poussé par le
vent marin, serait passé lundi vers 11h00 du matin du côté de
Carcassonne en passant par Narbonne.
La presse locale (Radio Bleu Hérault, Le Midi Libre :
http://www.midilibre.com/actuv2/article.php?num=1119980583 ) a parlé de
l'évènement le jour même, 27 juin, France Info a relayé les reportages
de Radio Bleu Hérault. La presse régionale (L'Indépendant, la Dépêche
du midi) et nationale semblent avoir totalement occulté l'évènement
malgré le passage des nuages de produits toxiques sur l'Aude et
Midi-Pyrénées.
Nous sommes dorénavant devant un nouveau cas d'intoxication chimique et
mentale. Comme pour Tchernobyl, AZF ou l'Erika, le mot d'ordre de la
Préfecture reste encore et toujours: surtout pas affoler les
populations, pas de panique, rassurer.
Alors qu'il faudrait, bien au contraire, savoir quels produits sont
susceptibles d'avoir été respirés, qu'est-ce qui s'est vraiment déposé
sur les vignes, les melons, les tomates et autres cultures locales,
puis agir en conséquence et surveiller spécialement la santé des gens.
Voici les informations des personnes résidant sur place :
- D'après une riveraine de l'usine, une fumée noire et une odeur caractéristique se seraient échappées déjà de l'usine dimanche soir vers 19h00.
- Une autre personne, enseignante, habitant dans Béziers a remarqué l'odeur nauséabonde et a eu très mal à la tête pendant toute la nuit de dimanche à lundi, sans comprendre pourquoi.
- Lundi, depuis l'autoroute voisine, à partir de 3h00 du matin, on voyait "un mur de feu" selon l'expression utilisée.
- Le plus gros du nuage toxique et malodorant, poussé par un léger vent marin, est passé lundi matin sur Narbonne puis vers 11h00 du matin sur Carcassonne pour y stagner jusqu'au mardi matin.
- L'odeur soufrée aurait été perçue sur Toulouse toute la journée du mardi 28, selon le cousin toulousain d'une correspondante.
*- Que font les pouvoirs publics ?
J'espère me tromper mais j'ai l'impression qu'ils semblent gérer au plus pressé, principalement les intérêts de l'usine et de la saison touristique.
Vendredi 1er juillet, le Préfet a été remplacé par un autre Préfet qui vient d'Alsace, Michel Thénault.
Les personnels de secours - auxquels il convient de rendre un hommage appuyé - quand on les questionne, semblent visiblement relayer (même à leurs proches et amis) les ordres de désinformation.
*- Que fait la Presse ?
La presse n'informe que sur le plan local; elle n'informe ni sur le plan régional (Aude, Toulouse) ni sur le plan national, sauf un minuscule entrefilet dans 20 minutes Paris et le reportage en boucle de France Info le lundi 27. Il est clair que la consigne est passée pour faire le silence sur cette catastrophe.
Pour ce qui concerne les informations locales, parlées et écrites, elles annoncent depuis le début qu'il n'y a aucun danger, ce qui semble une désinformation maladroite car tout le monde est d'accord qu'il faut un minimum de temps pour analyser correctement l'air et les retombées sur les fruits et légumes et autres cultures. On annonce donc vraisemblablement les résultats avant d'avoir fait toutes les analyses qui s'imposent.
La presse parlée et écrite a également signalé depuis lundi que les pompiers travaillaient à visage découvert comme s'il s’agissait du traitement d'un vulgaire feu de paille, ce que tout le monde a trouvé irresponsable pour la santé des pompiers. Or, les images de FR3 montrent bien qu'à part les personnes interviewées (état de santé à suivre), les masques et équipements spéciaux ont été heureusement utilisés.